Le sport est-il dangereux pour l’enfant?


Le sport fait partie de la vie courante des enfants et des adolescents.

Il est bénéfique aussi bien pour leur développement physique et mental que pour leur éducation.

Il peut être dangereux s’il est pratiqué dans de mauvaises conditions, que ce soit du fait d’une pratique trop intensive et exclusive, du fait d’une mauvaise technique ou d’un terrain inadapté, ou encore du fait d’une absence de respect des règles de jeu et de structures d’encadrement.

Les médecins doivent être vigilants pour améliorer leur pratique thérapeutique et préventive tout en conseillant l’enfant et ses parents pour les aider à choisir les activités les mieux adaptées.

Leur rôle est aussi d’alerter les pouvoirs publics et de faire des propositions.

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Mots clés : Adolescent – Enfant – Orthopédie – Sport – Traumatologie


LE POINT DE VUE DU CHIRURGIEN ORTHOPÉDISTE PÉDIATRE

Publié dans Médecine&enfance en juin 2001

O.Badelon, Professeur au Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris


Le sport est-il dangereux pour l’enfant? C’est une question qui nous est souvent posée par les parents, et que nous nous posons tous les jours devant les pathologies aigües et chroniques provoquées par la pratique sportive, et d’une façon plus générale les activités physiques chez l’enfant.

Il faut y répondre de façon claire et réfléchie pour chaque enfant selon son âge, son sexe, sa morphologie, son tempérament et le niveau de sa pratique sportive.

Il n’existe pas d’étude épidémiologique à l’échelle d’une population sur les conséquences de la pratique sportive chez l’enfant, probablement parce qu’une telle recherche est très complexe à mener. Pourtant c’est le seul moyen de répondre de façon claire à la question posée.

Une enquête récente de la Caisse nationale d’assurance maladie (Le Quotidien du Médecin du 16 Mars 1999) a bien montré que la fréquence des accidents sportifs dépasse de loin les accidents de la circulation. Avec 382000 accidents par an, le sport représente 44% des accidents de la vie courante des 10 à 24 ans.


QUEL ENFANT?

Il faut rappeler que sur le plan légal, l’âge limite supérieur de l’enfance est 18 ans. Cette limite a été définie dans l’article premier de la Convention des droits de l’enfant qui est un additif à la Convention des droits de l’homme. Celle convention a été signée en 1989 par tous les pays de l’ONU, notamment la France et les États Unis d’Amérique.

Cet âge correspond à la fermeture complète des cartilages de croissance qui traduit pour nous le passage à l’âge osseux adulte, un peu plus tôt chez la fille que chez le garçon.

Avant l’âge de 9 ans, le sport est surtout un jeu et une éducation corporelle.

C’est à partir de 9/10 ans que les enfants commencent vraiment à faire du sport, avec de véritables enjeux de compétition. Les rythmes d’entraînement deviennent plus intensifs à partir de 11/12 ans alors qu’à cet âge la poussée de croissance pubertaire provoque des transformations morphologiques considérables selon un rythme très variable d’un enfant à l’autre, aggravant d’autant les différences dues au sexe et à la morphologie.


QUEL TRAUMATISME?

Les traumatismes aigus les plus courants sont les fractures et les entorses des membres. Le genou est le plus exposé (25%) avec plus d’entorses que de fractures, alors que pour des raisons anatomiques, c’est l’inverse pour les autres articulations les plus touchées comme la cheville, le poignet et le coude.

Les traumatismes graves comparables à ceux provoqués par des accidents de la voie publique ou de chutes élevées, notamment les traumatismes crâniens et de la colonne vertébrale sont encore rares, mais leur fréquence augmente chez les adolescents avec la pratique de plus en plus précoce de sports violents en compétition et surtout dans la rue comme le roller.

Les pathologies chroniques sont provoquées par un véritable surmenage de l’appareil locomoteur, aussi bien au niveau des membres que de la colonne vertébrale. Elles sont fréquentes, mais la morbidité liée au sport est très difficile à évaluer à l’échelle d’une population, d’autant que le sport peut être simplement un facteur favorisant. Elles sont certainement facilitées par les mauvaises attitudes posturales de la colonne vertébrale et du bassin et par les rétractions musculaires au niveau des membres inférieurs, surtout en sous-pelvien. Elles touchent les structures ostéo-cartilagineuses en croissance.
– soit par un mécanisme d’écrasement, notamment au niveau des vertèbres, provoquant des épiphysites vertébrales de croissance, ou au niveau des articulations des membres, provoquant des ostéochondrites disséquantes, ou des ostéochondroses;
– soit par un mécanisme de traction, notamment au niveau des insertions tendineuses du pied, du genou ou du bassin.

Elle se manifestent le plus souvent par des douleurs invalidantes, mais elles peuvent aussi être indolores pendant longtemps, surtout dans les lésions d’écrasement.

D’une façon générale, ces traumatismes ont encore trop souvent une fausse réputation de bénignité chez l’enfant alors qu’ils peuvent avoir des conséquences fonctionnelles sévères, en particulier dans les lésions articulaires et les lésions des cartilages de croissance.


QUEL SPORT?

Le sport chez l’enfant et l’adolescent, ce n’est pas seulement le sport scolaire ou les sports organisés dans des clubs sportifs, c’est souvent un simple jeu qui peut se pratiquer n’importe où et n’importe quand: en cour de récréation, dans la rue, dans un champ, pendant l’année scolaire ou pendant les vacances. C’est une des raisons pour lesquelles il est difficile d’avoir des études épidémiologiques valables.

En France, les grands pourvoyeurs d’accidents sont surtout les jeux de ballon (football, handball, basket, volley-ball, rugby). Viennent ensuite la gymnastique en salle, le cyclisme et le ski, les sauts en athlétisme et les sports de combat.

Les mécanismes accidentels les plus fréquents sont les chutes (60%) et les collisions contre une autre personne (40%). Ils varient beaucoup selon le sport pratiqué.

Les mécanismes les plus dangereux sont certainement les chocs frontaux, les sauts et les acrobaties en appareil et au sol, les efforts de soulèvement et les frappes répétées. Ils sont plus dangereux quand ils sont pratiqués sur des terrains durs comme le ciment de la cour de récréation ou les sols synthétiques, qui ont tendance à remplacer les sols naturels pour des raisons économiques. Le basket des rues n’a rien à voir avec le vrai basket pratiqué en salle. Le football est plus dangereux sur une terrain synthétique que sur de la terre et de l’herbe.


DISCUSSION

Pierre de Coubertin a permis le renouveau du sport olympique. Il a surtout été le promoteur d’une idée formidable qui doit rester un idéal dans la pratique du sport « le plus important est de participer ».

Le sport est une magnifique école de la vie. Elle n’est pas toujours juste et elle ne tient pas toujours compte des mérites ou des espoirs de chacun. Il vaut mieux que les enfants en soient bien conscients avant de devenir des adultes.

Le sport peut être un véritable mode de vie chez l’enfant. Il lui permet de se dépasser et d’affronter les autres de façon ludique. C’est un exutoire qui lui permet de se défouler, de dépenser son énergie au lieu de se battre, de faire n’importe quoi dans la rue ou ailleurs.

Le sport est une merveilleuse école
de volonté, de respect des autres et des règles établies.

Un enfant sportif se sent bien dans sa peau. Il a des projets d’avenir, des objectifs à sa mesure. Le sport est probablement le meilleur moyen de l’écarter des déviances comme le tabac et la drogue.

Cependant le sport ne doit pas être une activité imposée, mais une activité de loisir, donc de plaisir. Par ailleurs, tous les enfants ne sont pas doués pour le sport et il existe d’autres activités, notamment artistiques, pour développer leurs dons naturels et équilibrer leurs activités ludiques à côté de l’activité intellectuelle.

Cette école du sport peut tourner à l’absurde dans le cadre scolaire quand elle compare de façon uniforme des élèves du même âge qui sont complètement différents physiquement, surtout quand elle mélange les filles et les garçons entre eux avec des risques d’accidents, surtout dans les activités acrobatiques, les sports de combat comme la lutte et le judo, les sports d’équipe qui peuvent entraîner des contacts violents comme le football et le rugby.

Un garçon de 12 ans mesurant 1m50 et pesant 40 kg peut rencontrer un garçon du même âge mesurant 1m80 et pesant 70 kg.

Vous imaginez ce qui peut se passer dans la tête du premier. Il faut lui apprendre à perdre tout en ayant la volonté de participer au mieux et de s’améliorer. Il faut lui faire comprendre que chacun à sa place. Le rugby est pour cela un sport exemplaire, car les grands et les petits peuvent jouer ensemble. Les petits font tomber les grands et c’est souvent le plus petit d’entre eux,, le demi de mêlée qui mène le jeu.


LE SPORT PEUT ÊTRE DANGEREUX QUAND IL EST MAL PRATIQUÉ

C’est vrai aussi bien sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif, et quel que soit le niveau sportif. C’est vrai aussi bien sur le plan psychique que sur le plan psychologique.

En compétition, la qualité du matériel et du terrain intervient directement dans la survenue des accidents, et le médecins ont souvent permis de diminuer les accidents, notamment en gymnastique. Ils doivent aussi intervenir pour améliorer les conditions de pratique des sports de masse.

Actuellement, il faut prendre garde à l’influence de la médiatisation des sports spectaculaires et acrobatiques sur la pratique du sport de masse. Il est dangereux de vouloir adapter à toute une population d’enfants la pratique physique des « enfants du cirque » et du sport professionnel, ou de céder trop facilement aux pressions publicitaires des vendeurs de matériel et aux effets de mode.

Les espaces de jeux et de sports doivent être en nombre suffisant, avec un sol adapté à la pratique sportive, ce qui demande une véritable révolution dans la conception des villes modernes qui ont tendance à privilégier le béton et les sols synthétiques dont l’entretien est plus facile. Il faut absolument préserver des espaces naturels dans la ville au lieu de faire l’inverse.

Le trampoline est l’exemple même de l’appareil ludique qui équipe de façon courante les espaces de jeux des jardins publics, les clubs de plages et les gymnases scolaires. Pourtant le trampoline favorise d’une part les troubles de croissance au niveau de la colonne vertébrale et des membres inférieurs, et d’autre part les risques de chutes, notamment sur la tête avec un risque mortel ou de paralysie définitive.
Les traumatismes du rachis cervical sont exceptionnels, mais ils justifient la suppression de cet appareil des écoles, des jardins publics et des plages. Cette recommandation a été faite en 1977 aux États-Unis par le Comité de prévention des accidents de l’American Academy of Pediatrics avec dans les années qui ont suivi une efficacité immédiate sur la morbidité entraînée par cet appareil.

Le roller est plus dangereux que le patin à roulettes car il est plus facile à utiliser et la vitesse acquise est plus grande sans que soient améliorées les possibilités de freinage. Le casque, les protections de coude, de poignet et de genou devraient être obligatoires car ils améliorent la sécurité en cas de petites chutes. Ces protections ne sont pas suffisantes en cas de choc à grande vitesse contre des obstacles ou en cas de collision avec des automobiles. Il est totalement irresponsable d’autoriser la pratique du roller sur la voie publique au milieu des véhicules motorisés. Quant aux autorisations provisoires le dimanche ou les jours de fêtes sur certains parcours, elles sont potentiellement dangereuses quand elles s’adressent à des enfants. Les parents qui emmènent leurs enfants sur la chaussée ces jours-là devraient s’interroger sur ce que feront leurs enfants quand ils auront le dos tourné. Resteront-ils sur le trottoir ou iront-ils sur la chaussée? Les maires qui organisent de telles manifestations sont responsables des déviances qui ne manqueront pas de se produire.

Le surf des neiges est plus dangereux que le ski, notamment pour les genoux et les poignets, à cause des contraintes en torsion et de la position des bras qui servent de balancier. Il est aussi plus dangereux car il est plus facile que le ski avec des possibilités de freinage moindre. Il est surtout dangereux de mélanger des surfeurs avec des skieurs car leurs modes d’évolution et de freinage sont complètement différents. Ce sont les chocs entre skieurs et surfeurs qui sont les plus dangereux. Quant au surf et au ski acrobatique, c’est une véritable aberration de laisser des vacanciers amateurs les pratiquer quand on connaît les risques de traumatismes très graves, notamment au niveau du crâne et de la colonne vertébrale. Les responsables des stations de sport d’hiver engagent leur responsabilité directe en acceptant et en favorisant de telle pratique.

RÔLE DES POUVOIRS PUBLICS

Il est surprenant que les compagnies d’assurance et la CNAM n’aient pas encore réagi, alors qu’elles devraient avoir la connaissance chiffrée de ce que nous constatons dans notre pratique quotidienne.

Il est surprenant que les élus municipaux se fassent trop souvent complices et même acteurs dans cette déviance de la pratique sportive qui met nos enfants en danger. Ce ne sont pas les manifestations des pratiquants de roller et les intérêts économiques en jeu, notamment dans les stations de sports d’hiver, qui doivent les inciter à laisser faire.

Combien faudra-t-il de morts ou de handicapés sévères pour que les pouvoirs publics agissent? Une véritable réglementation s’impose.


PRÉVENTION INDIVIDUELLE

Il faut que les enfants apprennent à respecter l’adversaire et les règles de jeu car une grand nombre d’accidents sont provoqués par des conduites brutales et irrégulières.

Il est évident que la transmission télévisée des rencontres sportives influence le comportement des enfants. Il ne faut pas s’étonner des comportements violents des adolescents sur les terrains de football des banlieues quand on voit ce que font les professionnels à la télévision. Pourtant les images montrent les fautes personnelles. Les sanctions devraient être beaucoup plus sévères, surtout en cas de récidive, avec interdiction de jouer et des amendes à la hauteur des gains des joueurs, et pourquoi pas des sanctions pénales si le caractère volontaire d’un acte dangereux peut être prouvé. Le sport ne doit pas excuser des conduites qui sont parfois à la limite de la criminalité.

Si la tradition sportive ne reprend pas le dessus dans un avenir proche, certains sports à grand spectacle risquent de ressembler aux jeux du cirque de la Rome antique. « Roller Ball » n’est pas si loin!

Il faut aussi prendre garde à la préparation trop précoce et intensive des enfants à un seul sport de compétition dans l’espoir d’en faire un véritable champion, car elle peut provoquer de véritables troubles psychologiques ou physiques qui peuvent être graves, surtout au démarrage de la puberté. Les parents et les entraîneurs sont alors entièrement responsables. C’est à eux de tempérer l’enthousiasme des enfants et de veiller à l’équilibre de leur formation.

La dispense de sport qui est souvent demandée est une solution de facilité. Elle doit être justifiée et le plus souvent sélective. Elle ne doit surtout pas se transformer en dispense permanente, à l’exception de certaines pathologies chroniques sévères, et alors dans les limites de notre propre domaine de compétence qui est pour moi l’appareil locomoteur.

Le sport peut représenter un véritable appoint thérapeutique en privilégiant les activités physiques à caractère éducatif sur le plan postural et les activités assouplissantes. Les exercices de contrôle du bassin et de la colonne vertébrale, les exercices d’assouplissement des membres inférieurs devraient faire partie de tous les programmes d’éducation physique scolaire et de sports de compétition avec un objectif aussi bien curatif que préventif.

Il faut apprendre à l’enfant à échauffer ses muscles et à les étirer avant la pratique de la technique ou du jeu ( sans oublier de répéter les exercices d’étirement à la fin de chaque séance) et à privilégier la qualité technique et la souplesse plutôt que la force pure.

Cet état d’esprit existe déjà dans certaines structures privilégiées comme l’INSEP et dans les clubs sportifs qui ont la chance d’avoir des médecins qui se sont investis dans les programmes d’apprentissage et d’entraînement à tous les niveaux. Il faudrait étendre cette action au plus grand nombre. Cela suppose une évolution des mentalités qui touche aussi bien le système éducatif que le milieu associatif.


RÔLE DE L’ÉDUCATION PHYSIQUE SCOLAIRE

L’éducation physique scolaire (EPS) permet à tous les enfants de bénéficier d’une éducation sportive homogène. Elle a un rôle très privilégié en France qu’il faut protéger. Les responsables de l’Éducation nationale ont une grande responsabilité en établissant les programmes.

Pourtant les programmes actuels d’EPS sont surprenants avec des activités de plus en plus dangereuses. Pourquoi faire du triple saut au lieu du simple saut en longueur, pourquoi faire de la course de haies au lieu de courir sur le plat, pourquoi faire des acrobaties en appareil ou faire des pyramides humaines au lieu de faire de la gymnastique au sol, pourquoi faire des sports de combat comme la lutte et des sports de contact comme le rugby en mélangeant les garçons et les filles.

Le rôle de l’EPS n’est pas d’initier les enfants à toutes les disciplines sportives et encore moins de recruter les futurs champions de demain. Son rôle est de leur donner une éducation et de favoriser un développement physique harmonieux en stimulant et en valorisant l’esprit sportif.

L’Éducation Nationale doit porter une plus grande attention au sport, avec des moyens suffisants sur le plan humain et matériel, en améliorant l’organisation des programmes scolaires:
– les professeurs devraient être plus nombreux et surtout formés selon des objectifs plus pédagogiques que physiques;
– les espaces de jeux et de sports devraient être en nombre suffisant avec un sol adapté à la pratique sportive;
– il faudrait que les cours aient lieu l’après-midi avec une durée suffisante ( de plusieurs heures) pour permettre aux enfants d’accéder aux terrains de sport quand leur établissement n’en dispose pas, de changer de vêtements et de chaussures, de s’échauffer et de faire des étirements musculaires au début et en fin de séances quelque que soit le programme, et même de se laver au lieu de mariner dans leur sueur pendant toute le journée;
– il faudrait que la médecine scolaire puisse intervenir avec suffisamment de moyens et de compétence pour encadrer les professeurs d’EPS.


RÔLE DES ASSOCIATIONS

Les structures associatives ont un rôle très important à jouer car ce sont elles qui peuvent prendre le relais de l’école et développer le sport de masse tout en permettant l’éclosion des champions.

Cela suppose que ces associations aient plus de moyens.

Cela suppose que les obstacles financiers qui existent encore trop souvent pour les enfants des familles les plus démunies soient évités.

La solution la plus simple serait de reconnaître l’intérêt général des association sportives qui le méritent, ce qui leur donnerait ainsi la possibilité de recevoir des dons fiscalement déductibles.


Le sport est d’une certaine façon un patrimoine
qui mérite l’attention des politiques
au même titre que le patrimoine artistique et culturel.
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