Il faut une vraie gouvernance fédérale européenne financière et fiscale


La crise n’est pas terminée. Elle risque de s’aggraver très rapidement si les politiques ne prennent pas les décisions qui s’imposent. Il faut un véritable fédéralisme budgétaire et fiscal. Les politiques doivent agir vite sinon la France deviendra très vite comme la Grèce, un pays insolvable avec des risques d’agitation sociale incontrôlée. L’année 2012 va être l’année de tous les dangers.

Le Parlement européen a adopté le 28 septembre 2011 des textes législatifs très contraignants pour le contrôle des finances publiques des états membres avec une volonté de définir en commun, à Bruxelles, les politiques économiques et budgétaires. C’est un grand pas vers une organisation fédérale de la politique financière et fiscale mais sera t’il suffisant alors que la situation économique est d’une extrême gravité ?

C’est ce que j’ai cru comprendre en assistant à la conférence organisée par l’Institut Montaigne sur la crise économique. J’aurai bien du mal à reprendre toutes les explications des orateurs qui étaient remarquables, en particulier celles de Claude Trichet, Henri de Castries, Jean-Pierre Jouyet, Denis Kessler, Michel Pébereau, René Ricol.

Je voudrai simplement vous transmettre l’essentiel de ce que j’ai entendu et savoir si j’ai bien compris.

Le pacte de stabilité

 Le pacte de stabilité conclu en 2005 était indispensable mais il n’a pas été respecté, malgré les nombreux rappels à l’ordre de la BCE. Elle avait alerté les politiques des risques de crise, mais elle en avait sous estimé les conséquences qui ont été beaucoup plus graves que prévu.

Il faudrait aller beaucoup plus loin pour donner à l’Europe un vrai pouvoir d’ingérence dans la gestion d’un état si il se montre incapable de prendre les mesures nécessaires pour éviter la faillite. Cela demande une modification du traité européen.

Réforme structurelle

 Les différences structurelles entre les pays européens sont encore trop importantes. Il est impératif d’augmenter le PIB et les emplois au sein du marché européen, notamment dans les services. Il faudrait prendre exemple sur l’Allemagne dont le chômage a diminué depuis le début de la crise, notamment celui des jeunes.

Les décisions prises en juillet 2011 par les chefs d’États européens devraient être appliquées de façon rigoureuse et immédiate car la fragilité du système financier est extrêmement dangereuse.

La situation actuelle est essentiellement due à une absence d’anticipation politique des risques par les politiques depuis une vingtaine d’années. Le budget des états a toujours été gonflé de façon optimiste pour des raisons électorales. La monnaie unique est intenable avec des budgets multiples d’autant que les mécanismes de surveillance sont insuffisants et que la dévaluation n’est plus possible comme mécanisme de régulation.

Rien n’était prêt sur le plan international ! La faiblesse des politiques devant la crise a provoqué une anxiété générale qui s’est traduite par la volatilité des marchés.

Dans une économie ouverte, la réaction keynésienne ne peut pas fonctionner à cause de l’augmentation des déficits commerciaux et des pertes fiscales. Ce sont des réformes structurelles profondes sur le fonctionnement des états qui sont indispensables, comme le Canada et les pays scandinaves ont su les conduire. L’Allemagne a su le faire de son côté, ce qui lui a permis d’augmenter ses parts de marché à l’exportation alors que la France ne cessait de les diminuer.

Construction européenne

 Le populisme est partout avec un risque d’éclatement de l’Europe et de récession brutale qui pourrait aboutir à des mouvements populaires incontrôlables.

Il faut avoir confiance en nous même et aller en avant dans la construction de l’Europe. Il est indispensable d’avoir une vraie gouvernance fédérale européenne financière et fiscale ce qui va demander une grande fermeté de la part des politiques.

Le modèle français est insoutenable. Nous sommes nos propres ennemis. La règle d’or aurait du être appliquée depuis longtemps. C’est notre survie qui est en jeu. L’augmentation des impôts est incohérente. La seule solution est de diminuer la dépense publique qui étouffe la croissance, c’est-à-dire une diminution radicale des dépenses de l’État. Heureusement, l’épargne est encore importante, en particulier en France, mais elle n’est pas assez investie dans l’économie productive.

Conclusion personnelle

 Ce sont les politiques qui doivent agir de façon urgente. Il faudra beaucoup de courage aux gouvernements actuels pour prendre les décisions qui s’imposent. Ils seront jugés sur leurs résultats à condition de faire beaucoup de pédagogie pour que leurs électeurs puissent les comprendre.

Olivier Badelon

Publié sur http://www.lecercle.lesechos.fr le 18 Octobre 2011

Vous pouvez consulter cet article sur http://lecercle.lesechos.fr/node/38912/

Publié par Docteur Olivier Badelon, sur Facebook, mercredi 19 octobre 2011, 07:59

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