La limitation de la vitesse est une priorité pour diminuer le nombre et la gravité des accidents sur la route



A la veille du week-end du 15 août, les déclarations du Délégué général de « l’Association 40 millions d’automobilistes » sur leur bonne conduite sont inquiétantes, alors que la limitation de la vitesse est une priorité pour diminuer le nombre et la gravité des accidents de la route, au même titre que la lutte contre l’alcool et les stupéfiants.

La prévention des accidents de la route a fait des progrès considérables, mais il y a encore beaucoup à faire. La barre symbolique des morts sur la route est de 4000 par an ce qui est inacceptable au plan humain et grave au plan économique, d’autant que cela touche surtout les plus jeunes de la population active. En plus, ce chiffre ne tient pas compte des blessés et du coût de leurs traitements et de leurs indemnisations pour invalidité qui est certainement considérable.

La baisse de 21% des morts sur la route en juillet 2011 montre bien que la crainte du gendarme est efficace. Mais ce chiffre, annoncé par le gouvernement, n’est-il pas faussé par une baisse de la circulation due au mauvais temps et à la crise économique ?

La fronde organisée contre les radars est tout simplement irresponsable et dangereuse. Elle traduit tout de même un malaise profond de la part des automobilistes, en particulier de ceux qui ont besoin de conduire pour travailler. Il faut essayer de le comprendre et d’y remédier.

Les radars sont des sentinelles qui permettent d’enregistrer les excès de vitesses de façon juridiquement fiables. Ils sont le symbole d’une politique de prévention qui se veut répressive alors qu’il faudrait l’envisager de façon beaucoup plus éducative.

Ils sont très mal perçus car leur marge de tolérance est faible et que les conducteurs ont tendance à rouler juste à la limite de la vitesse autorisée alors qu’il faudrait rouler au moins 10 kms/h en dessous pour être certain de ne pas la dépasser dans une descente ou lors d’un moment d’inattention.

Il suffirait d’augmenter légèrement cette marge de tolérance pour que les conducteurs les acceptent plus facilement, avec un déclenchement du flash au moindre excès de vitesse et une verbalisation seulement en cas de dépassement de plus de 10 kms/h.

Par ailleurs, un trop grand nombre de conducteurs ralentissent à leur approche quand ils sont signalés ou quand ils ont un appareil « anti-radar » à bord, ce qui entraîne une circulation en accordéon, parfois dangereuse pour les autres conducteurs.

Ces radars ne devraient pas être signalés et les appareils « anti-radars »embarqués devraient être strictement interdits, avec des amendes lourdes pour les contrevenants.

A ce titre, l’initiative des radars pédagogiques qui vont bientôt se mettre en place, payés par les contraventions d’excès de vitesse est intéressante, bien qu’elle puisse être interprétée comme une reculade de plus de la part du gouvernement.

En fait, on peut se demander si une amélioration de la simple signalisation ne serait pas aussi efficace car elle est souvent confuse et insuffisante, aussi bien pour les limitations de vitesse que pour l’annonce des directions, surtout sur les autoroutes et les routes à grande circulation.

Il suffirait de multiplier les panneaux simples de limitation de vitesse qui sont à la fois des indicateurs et des rappels à l’ordre pour les conducteurs. Il faudrait qu’ils soient bien visibles à intervalles réguliers pour maintenir leur attention et les alerter, avec une diminution progressive de la vitesse autorisée quand cela est nécessaire, comme cela est déjà bien fait à la sortie des bretelles d’autoroutes. Ils pourraient se trouver sur le rail central des autoroutes pour alerter tout spécialement les conducteurs les plus rapides.

Il faudrait également généraliser l’usage des « gendarmes couchés » qui obligent les conducteurs à ralentir pour ne pas casser leurs amortisseurs. Il faudrait les installer à l’approche de tous les villages, aux croisements et aux carrefours.

Ces propositions sont techniquement réalisables de façon simple. Elles permettraient d’augmenter la responsabilité des conducteurs sans heurter leur sensibilité. Elles ont déjà montré leur efficacité quand elles sont appliquées localement. Il faudrait avoir le courage de le faire partout en France et au niveau européen.

Qu’en pensez-vous ?

Olivier Badelon

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