Le savon sera le grand vainqueur de cette crise sanitaire si nous savons nous en servir.


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Le masque et le savon sont les meilleurs moyens d’éviter la contamination. Ils protègent tous les deux dans les deux sens.

Le port du masque sera transitoire pour la population, même si il restera toujours recommandé pour éviter de contaminer les autres en cas de rhume ou de grippe, par contre l’utilisation du savon restera recommandé pour tous et tout le temps à condition d’avoir de l’eau à sa disposition, les gels hydro-alcooliques et les lingettes étant seulement une solution de remplacement.

Le savon est un produit commun, ancestral, qu’on a tendance à oublier car il fait partie de notre quotidien, pourtant trop nombreux sont ceux qui ne se lavent pas suffisamment les mains, même les professionnels de santé.

Personnellement, je trouvais normal de me laver les mains aussi bien dans la vie courante que pendant mes études de médecine, notamment pendant mes stages d’externe au contact des malades, et même quand j’ai commencé à aller au bloc opératoire et à faire de la petite chirurgie aux urgences, mais je n’en ressentais pas vraiment l’importance.

C’est plus tard que j’en ai pris vraiment conscience, lors d’un stage que je faisais en chirurgie à l’Hôpital Bichat (l’ancien Bichat) avant de partir à la Réunion faire mon Service national dans le civil comme VAT (Volontaire aide technique) en 1975. C’est probablement le  geste le plus important que j’ai pu apprendre au bloc opératoire :  le lavage de la peau de la région à opérer et de tout le patient. Je venais tout juste d’être nommé à l’Internat des Hôpitaux de Paris. Je doublais des gardes d’interne et je regardais ce que les autres faisaient. C’est une panseuse qui m’a tendu une brosse pour laver le blessé qui se trouvait sur la table d’opération. Il avait une fracture ouverte de la jambe. Je l’ai brossé avec du savon comme jamais, toute la jambe, la plaie et les morceaux d’os qui sortaient avec un bruit que vous pouvez imaginer, la brosse était vraiment grosse (le blessé était déjà endormi sous anesthésie générale). J’ai compris ce jour là que je faisais quelque chose d’utile, d’efficace. J’ai gardé cette habitude par la suite et les patients que j’ai opérés depuis dans de telles conditions ont eu la chance de ne jamais avoir d’infection.

À mon retour, lors de l’un de mes premiers stages d’interne dans un service de chirurgie orthopédique, il y a plus de quarante ans, mon patron se lavait les mains exclusivement au savon de Marseille alors que l’usage « officiel » recommandé était déjà la Bétadine, et tout le monde faisait comme lui, sans aucune complication infectieuse nosocomiale.

Il n’y a pas si longtemps, j’avais entendu raconter qu’une caméra avait été installée dans les toilettes d’un congrès médical sur l’Hygiène et la surprise avait été de se rendre compte que les personnes qui se lavaient les mains après n’étaient pas si nombreuses, et qu’aucune le faisait avant.

Ces anecdotes que je vous raconte ici, je les ai souvent racontées aux étudiants qui ont travaillé avec moi à l’hôpital car elles m’ont aidé à me construire et elles m’ont permis de leur expliquer l’importance de se laver les mains et de laver le malade avant de l’opérer, quel que soit l’acte chirurgical car les fameuses infections nosocomiales post-opératoires viennent le plus souvent de la peau du malade.

Cet apprentissage qui est à la base de la formation d’un chirurgien et de tout soignant, est tout aussi important pour les gestes quotidiens de la vie courante, notamment avec les enfants, aussi bien en famille qu’à l’école, en rappelant  que l’hygiène des toilettes laisse trop souvent à désirer.

À  ce sujet, auquel j’attache beaucoup d’importance, j’espère que je serai lu par de nombreux maires et responsables d’établissements publiques, car la propreté des toilettes mises à la disposition du public (quand il y en a) laisse trop souvent à désirer, et elles manquent presque toujours de savon, ce qu’il faudra absolument améliorer, avec des distributeurs et si possible des portes automatiques. Ils sont tout aussi responsables que le propriétaire d’un restaurant ou d’un hôtel, d’une clinique ou d’un hôpital. C’est bien ce que j’ai dit un jour au Directeur d’un hôpital en lui expliquant que l’un des premiers endroits qui témoigne de la propreté de son établissement et de la qualité de son hygiène, c’était bien les toilettes.

Il ne faut jamais oublier que ce que l’on peut faire devant les autres peut servir d’exemple et ceci à tout âge.

En France, nous avons aucune excuse pour ne pas nous laver les mains à chaque fois que cela est nécessaire.

Le savon est disponible partout, en particulier le savon de Marseille qui mérite d’être nommé, comme le savon d’Alep et bien d’autres, sous toutes ses formes, solide ou liquide, et nous avons la chance d’avoir de l’eau courante et potable à notre disposition.

Par le passé, c’était le savon qui était le plus efficace contre les infections bactériennes et virales. Il l’est toujours et il le restera.

J’espère que c’est lui qui sera le grand vainqueur. Pour cela, il faudra s’en souvenir et permettre au plus grand nombre d’avoir accès à l’eau courante et potable pour pouvoir sans servir.

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