Il est possible de faire autrement que les franchises médicales



« Les franchises médicales ont été proposées par le gouvernement pour financer le plan Alzheimer, la lutte contre le cancer et les soins palliatifs, qui sont les 3 priorités du Président de la République. »

Les franchises médicales ont été prévues pour limiter les dépenses de soins.  Elles sont dans la même logique que le forfait hospitalier qui a fait la preuve de son inefficacité et qui pénalisent ceux qui ont un revenu trop important pour ne pas bénéficier de l’aide sociale mais dont le budget reste très limité. L’exemple des Etats-Unis n’est certainement pas un exemple à suivre d’autant que leur déficit est encore bien plus grand que le nôtre.

Elles sont impopulaires car elles touchent seulement les malades. Elles portent en elles les germes de l’éclatement de notre système d’Assurance Maladie qui repose sur la solidarité de tous. Il ne faut pas oublier que l’Europe donne la possibilité d’abandonner la Sécurité Sociale et de se tourner exclusivement vers les assurances privées. C’est ce qui se passera si l’on continue dans cette voie.

Elles auront un effet très limité car elles ne modifieront pas les comportements déviants. Ils proviennent surtout de la pseudo-gratuité des soins qui touchent tout le monde et de la malhonnêteté de certains, patients et soignants. Ces comportements se retrouvent dans toutes les catégories sociales, et surtout dans les catégories les plus aisées avec des assurances complémentaires « tous risques » et chez les plus pauvres qui bénéficient de la CMU, avec à chaque fois une absence complète de responsabilité personnelle et d’information sur le véritable coût des soins. Les seuls véritables bénéficiaires de ces mesures seront les assurances privées et surtout les mutuelles qui remboursent sur la base de 100% du tarif conventionnel et qui répercuteront cette augmentation sur leurs primes.

Elles seront insuffisantes sur le plan financier car le plan Alzheimer, la lutte contre le cancer et les soins palliatifs, représentent des dépenses considérables qui ne feront qu’augmenter avec le vieillissement de la population qui ne peut que s’aggraver dans les années à venir. Le risque est évidemment d’être obligé d’augmenter les franchises en fonction des besoins et d’en étendre son utilisation.

L’évolution de la société a provoqué un éclatement de la cellule familiale avec une séparation puis une exclusion des personnes âgées en se reposant de plus en plus sur les maisons de retraite et sur l’hôpital en fin de vie.

Les prélèvements fiscaux et sociaux sont de plus en plus mal vécus par les particuliers et les entreprises alors que l’État providence est confronté à de plus en plus de sollicitations en subventions et qu’il devrait lui-même diminuer ses dépenses.

Il est possible de faire des propositions différentes que les franchises médicales.

 I – La prise en charge en fin de vie est très lourde sur le plan humain: il faudrait qu’elle puisse se faire le plus longtemps possible à domicile, si possible en famille.

Pour cela, il faudrait favoriser d’une part les aides ménagères et le regroupement familial et d’autre part améliorer les soins à domicile.

1/ Les aides à domicile et le regroupement familial demandent deux mesures fiscales complémentaires qui devraient être appliquées quel que soit le revenu des contribuables :

 1-1/ Déduire complètement du revenu les aides à domicile pour les personnes âgées.

1-2/ Compter une part complète dans la déclaration des revenus pour les personnes âgées à la charge de la famille, qu’elles soient logées dans le domicile principal ou à proximité immédiate.

2/ Les soins à domicile devraient être fait avec l’aide des praticiens libéraux en rémunérant correctement les soins infirmiers et médicaux en fonction du temps passé en transport et au domicile du patient.

Cela demande une collaboration avec les structures d’hospitalisation mais ce serait une erreur stratégique de développer encore plus les structures hospitalières de soins palliatifs qui sont très coûteuses et l’hospitalisation à domicile avec du personnel hospitalier qui fait déjà cruellement défaut dans les hôpitaux.

II – La prévention et la recherche sont essentielles: il faudrait intéresser les particuliers et les entreprises à leur financement.

Cela pourrait se faire par une déduction fiscale complète des dons faits dans ces domaines d’intérêt général, avec un contrôle du fonctionnement et des résultats obtenus par une structure indépendante regroupant l’État et des représentants de la société civile.

Ces mesures fiscales permettraient par la même occasion de supprimer les subventions correspondantes.

Il est possible de faire des propositions différentes qui reposent sur une vision responsable et solidaire de notre société afin de financer leur prise en charge de façon plus efficace.

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