Pourquoi faut-il s’inscrire au Syndicat National des Chirurgiens Orthopédistes?


C’est la question que je me suis posée pendant de nombreuses années. Membre de la SOFCOT depuis 1985, je me suis orienté très tôt vers la chirurgie pédiatrique et j’ai surtout travaillé au sein du GEOP et de la Chirurgie pédiatrique en m’inscrivant d’emblée à son syndicat. Pourtant j’ai toujours été convaincu que nous étions avant tout des chirurgiens orthopédistes et l’évolution de notre spécialité va dans ce sens.

Nous sommes tous conscients de la dégradation de notre profession et d’une façon plus générale de l’ensemble des Systèmes de soins en France malgré les réformes successives. Cette évolution est très alarmante et il faut réagir.

Il est trop facile de critiquer dans les couloirs l’action des syndicats si on n’y adhère pas. Une réflexion à un dîner d’orthopédistes en est la caricature. «  De toute façon le syndicat ne sert à rien car il ne représente rien par rapport aux centrales pluridisciplinaires ».

Ce collègue que je respecte beaucoup car il a été l’un de mes maîtres avait à la fois complètement raison et complètement tort.

En 2007, le nombre des membres de la SOFCOT était de 2599, dont 463 juniors. Il n’y avait que 421 membres cotisants au SNCO. C’est un chiffre ridicule. Il est triste de voir une telle indifférence qui confère à une certaine lâcheté, car la cotisation au SNCO est relativement faible et elle est complètement déductible de nos frais professionnels.

Le nombre d’inscrits et l’argent des cotisations sont essentiels à la négociation syndicale. Un Syndicat ne peut être vraiment écouté que s’il représente une majorité de la profession, et pourquoi pas la totalité.

Le seul moyen d’aider ceux qui se consacrent à cette action souvent ingrate est de s’inscrire au SNCO. C’est seulement si nous sommes vraiment nombreux que nous pourrons organiser l’action syndicale de façon plus efficace et ouverte avec une information en temps réel de l’actualité professionnelle et une défense de notre métier.

Lors de la dernière réunion du Bureau du SNCO, je suis arrivé un peu en retard. Les absents ont toujours tort : me voilà bombardé Secrétaire général du SNO car Alain LE MAGUET qui avait été pressenti pour ce poste est déjà très occupé par ailleurs. Je n’avais pas encore de responsabilité au sein du Bureau car j’avais été élu tout récemment. C’était une occasion pour moi de mieux comprendre le fonctionnement du Syndicat et peut être de mieux défendre mes idées.

Tout d’abord je dois vous dire que j’ai eu beaucoup de mal à suivre les conversations remplies d’abréviations et d’évidences qui étaient pour moi incompréhensibles et je remercie les anciens du Bureau d’avoir changé leur discours pour que je puisse les comprendre.

J’ai été impressionné par l’investissement personnel des membres du Bureau et par leurs connaissances des rouages du syndicalisme médical et des tutelles. En quelques instants, ils m’ont confirmé de ce que je savais déjà.

Les médecins sont complètement responsables de la paupérisation de leur profession. Ils se battent entre eux pour des intérêts catégoriels, notamment au sein de la CCAM qui est évaluée à « enveloppe fermée », et ils sont incapables de faire front sur des idées générales qui intéressent l’ensemble de la Médecine et d’une façon plus générale, l’ensemble des soignants, avec une priorité, l’accès et la qualité des soins pour l’ensemble de la population.

Il faut absolument s’inscrire au SNCO si vous voulez lui donner la puissance nécessaire à la défense de notre profession et par la même l’avenir de la Santé en France qui est fortement compromise par les décisions inconséquentes des politiques qui se succèdent à chaque élection, car ils sont toujours conseillés par les mêmes, économistes et universitaires, bien éloignés des réalités du terrain.

L’inscription au SNCO devrait être une obligation pour tous les chirurgiens orthopédistes au même titre que d’être membre de la SOFCOT pour pouvoir exercer notre spécialité.

Par ailleurs il faudrait que le SNCO reverse une partie de sa cotisation à un Syndicat pluridisciplinaire en le choisissant de façon éclairée et transparente parmi l’imbroglio syndical actuel afin d’avoir une véritable influence dans les décisions qui nous concernent tous.

En tant que Secrétaire général du SNCO, je dois respecter une certaine mesure et l’organisation établie. J’ai l’intention de soutenir les actions entreprises, tout en gardant mon indépendance pour exprimer mes idées sans langue de bois.

Il est inutile de vouloir défendre des intérêts catégoriels. Il faut regrouper l’ensemble des médecins sur des objectifs communs avec comme objectif prioritaire l’intérêt général.

Pour un premier contact, je vous donne les propositions que j’ai faites au SNCO et à l’UCDF lors des élections de 2007. Il s’agissait d’une sélection d’idées qui me paraissaient prioritaires.

– Regrouper l’ensemble des médecins sur des objectifs communs.

– Ouvrir le Numerus Clausus avec une exportation des médecins formés en France au lieu de l’inverse.

– Rendre à l’Hôpital public sa vocation d’accueillir en priorité les plus défavorisés.

– Développer les dispensaires sous la responsabilité des régions pour combler le vide médical.

– Défendre la médecine libérale pour compléter le secteur public et non pas de le remplacer.

– Rétablir un seul secteur avec DP pour tous avec une activité minimale au tarif conventionnel qui peut être le temps passé dans le service public pour les temps partiels et les vacataires, sans aucune limite supérieure obligatoire pour les dépassements d’honoraires.

– Obtenir une nouvelle convention médicale avec une rémunération qui soit indépendante de l’évolution technique, c’est-à-dire avec une séparation complète du matériel et du temps passé au service du malade (transport, téléphone, consultation, intervention, compte-rendu&certificat,…), qui reste pondérée par la formation initiale, les titres, la responsabilité directe des actes avec un ratio sur la moyenne des primes d’assurance de chaque spécialité, et qui valorise réellement le travail de nuit (x 2) et les jours féries (x 50-100 % ?) comme dans les autres professions, tout en définissant un temps maximal de travail hebdomadaire pour éviter les abus.

– Faire reconnaître la rémunération séparée des aides, notamment de l’aide opératoire qui doit être IBODE.

– Dénoncer la Carte Vitale comme moyen de paiement dans le secteur libéral.

– Rétablir l’obligation de la preuve de la faute et obtenir la prise en charge de l’accident médical sans faute par l’assurance individuelle de tous les assurés sociaux et par la collectivité.

– Engager un cabinet d’avocat  pour obtenir des dommages et intérêts en cas de plainte injustifiée.

– Demander l’inscription obligatoire de tous les médecins à une Société Scientifique pour être reconnu par le Conseil de l’Ordre avec une évaluation faite par cette Société de référence.

Je voudrais connaître vos réactions et je vous convie à venir en nombre à la réunion professionnelle qui aura lieu au prochain congrès annuel de la SOFCOT.

Olivier Badelon – Secrétaire général du SNCO – 26 juin 2008

Publié dans le N°2 de la Revue du Syndicat National des Chirurgiens orthopédistes

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