La mort des SDF dans la rue est la conséquence de l’abandon par l’hôpital de sa vocation d’hospice pour des raisons budgétaires




Depuis son origine, l’Hôpital a été un lieu de soins et d’accueil pour les plus démunis. Il a rempli son rôle d’hospice à travers les siècles avec l’aide des congrégations religieuses et l’état républicain a su prendre le relais.

Dans les années 1970-1980, où j’étais étudiant en médecine puis interne des hôpitaux, j’ai vu les clochards venir à l’hôpital tous les hivers à l’arrivée des grands froids pour se faire dorloter par les infirmières. Ils étaient accueillis, lavés, épouillés, soignés, logés, traités avec humanité et une certaine tendresse de la part de tout le personnel hospitalier. J’ai même participé à cette prise en charge, notamment en lavant moi-même ces patients au bloc opératoire avant de les opérer.

Cela nous faisait sourire car il était évident que cette prise en charge avait un coût important, mais nous avions la satisfaction de les voir repartir en pleine santé dès que la température extérieure le permettait.

Depuis cette époque, l’hôpital a perdu son rôle d’accueil des clochards que l’on appelle maintenant des SDF. Il y a été obligé par les contraintes budgétaires imposées par les gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans.

Il est vrai que le nombre des clochards a beaucoup augmenté. Certains sont capables de se réinsérer dans la société s’ils trouvent un travail ou un logement. Certains sont des étrangers en situation irrégulière qui devraient retourner dans leurs pays d’origines ou être vraiment assimilés.

Les autres n’en sont pas capables. C’est à eux que l’hôpital devrait ouvrir ses portes. C’est une priorité.

Docteur Olivier Badelon
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Une Réponse vers “La mort des SDF dans la rue est la conséquence de l’abandon par l’hôpital de sa vocation d’hospice pour des raisons budgétaires”

  1. Chaque hiver le froid, la pauvreté et la détresse des SDF que l’on appelait autrefois les « clochards » provoqueront des morts dans la rue. Le SAMU social et les structures municipales d’accueil ont été des réponses mais elles ne suffisent pas.
    Autrefois les clochards venaient spontanément à l’hôpital qui avait un vrai rôle d’hospice.
    Il arrivaient avec les grands froids, se refaisaient une santé, lavés, soignés, nourris et blanchis jusqu’à ce que la température leur permettre de repartir.
    Puisque la raison comptable domine les choix politiques, il faudrait faire une vraie comparaison entre d’une part les coûts du SAMU social et des structures d’accueil, et d’autre part les coûts qu’entraîneraient des hospitalisations volontaires à l’hôpital.
    Le rôle d’hospice de l’hôpital mériterait très probablement d’être réhabilité!

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