Le cumul des postes de responsabilités est la cause principale de la perte de confiance des citoyens pour le monde politique


La responsabilité et le risque personnel disparaissent derrière le cumul des postes et des fonctions de direction, aussi bien en politique que dans les administrations et les affaires privées, avec un mélange des genres et des conflits d’intérêts qui sont forcément préjudiciables à l’intérêt général.

Les cumuls dans les conseils d’administration des grandes entreprises privées entraînent une uniformité de pensée qui empêche l’esprit critique, tout en permettant de prendre des décisions qui servent l’intérêt personnel des cumulards notamment pour leur rémunération et leur récompense de fin de carrière.

Ce risque de déviance existe aussi en politique, tout particulièrement en France où les cumuls de fonction sont très fréquents, non seulement des fonctions électorales mais aussi des fonctions administratives et/ou privées, avec un mélange des genres où presque tous les cas de cumuls sont possibles.

Il est évident que les cumulards de la politique délèguent leurs fonctions à des équipes qui font le vrai travail, avec comme effet direct une délégation de responsabilité et malheureusement trop souvent une absence de sens critique dans les missions pour lesquelles ils ont été élus.

L’art de communiquer et de courtiser le « pouvoir » deviennent alors des qualités prioritaires qui peuvent cacher une grande incompétence.

Ceci explique la défection des citoyens qui sont dégoûtés par le monde politique et qui fuient les bureaux de vote où qui votent pour ceux qui leur paraissent les moins mauvais.

Comment voulez-vous juger un candidat lors d’une élection quand vous ne savez pas vraiment ce qu’il fait et ce qu’il vaut en dehors d’être le porte-parole d’une formation politique.

Cette perversité est encore exagérée par les statuts particuliers de certains élus qui sont issus du service public. Ces statuts leur permettent de rester plein temps et d’être rémunérés comme tel, notamment dans les hôpitaux et les universités, ou d’être mis en vacances pendant un temps indéterminé sans perte d’ancienneté avec une garantie de réintégration, notamment dans les grands corps de l’État investis par les élèves de l’ENA.

Il faut rappeler que l’administration publique est au service de l’État et de la population. Elle n’a pas vocation à représenter la population dans les instances électorales. Il est tout à fait anormal qu’un fonctionnaire puisse être élu à un poste de responsabilité politique tout en restant titulaire de son poste ou en restant attaché à son corps d’origine avec une certitude de pouvoir revenir dans ce corps tout en ayant acquis de l’ancienneté.

En France, le contact avec le terrain est un prétexte utilisé par les « Grands élus » pour justifier le cumul des postes électoraux. En fait c’est avant tout un moyen pour eux d’obtenir une rémunération et des avantage matériels à la hauteur de leur aspiration.

En plus, ils se sont auto-attribués des conditions fiscales et des retraites très avantageuses par rapport au reste de leurs concitoyens. C’est un moyen de reconnaissance des services rendus, mais il est pervers car cela les empêche de se rendre compte de l’impact de leurs propres décisions dans ces domaines sur l’ensemble de la population.

Il est question de réformer le capitalisme, tout du moins de le contrôler. Les recettes sont probablement les mêmes aussi bien dans les affaires privées, que dans les administrations publiques et les postes électoraux.

Il ne faut pas oublier que c’est le Système qui façonne le comportement des hommes et que ce sont les décideurs politiques qui définissent ce système.

C’est au monde politique de montrer l’exemple. Il devrait être impossible de cumuler des fonctions électorales et d’être réélu plus de deux fois au même poste. Tout élu issu de l’administration devrait démissionner de son corps d’origine et son ancienneté devrait être calculée seulement à partir de son départ si il y retourne en cas d’échec électoral.

Un élu peut avoir un métier et des fonctions de responsabilité en dehors de sa fonction électorale, à condition d’avoir un mandat électoral compatible avec la fonction qu’il exerce pour empêcher les conflits d’intérêts et les emplois fictifs. Il est évident que les fonctions de maire d’une grande ville sont incompatibles avec celle de Député ou de Sénateur. Il est évident qu’un Ministre ne devrait pas avoir une rémunération ou des avantages matériels de la part d’un organisme privé ou public quel qu’il soit.

A une époque où les niches fiscales font l’objet d’une remise en question, il serait bienvenu que tous les élus sans exception, aient les mêmes conditions fiscales et sociales que l’ensemble des citoyens.

En échange le travail, la compétence et la prise de risque des postes de responsabilité doivent être rémunérés à leur juste valeur pour recruter et valoriser les meilleurs.


L’intérêt de cette réforme
est d’identifier les compétences
et les responsabilités de chacun.

C’est le meilleur moyen
pour intéresser les citoyens à la vie publique
et la prise de responsabilité politique
dans l’intérêt de tous.

C’est le meilleur moyen
pour faire retourner tous les citoyens
dans les bureaux de vote.


Qu’en pensez-vous?

Merci d’apporter vos commentaires à ma réflexion.

Olivier Badelon

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