Le plan blanc : la médecine française en Europe et dans le Monde


1 – La médecine française est une ambassadrice de la francophonie qu’il faut défendre et développer.

1.1/ Le système hospitalier français doit continuer à jouer son rôle dans l’aide médicale internationale à la fois en France et à l’étranger. Cette aide médicale était orientée en priorité vers les pays francophones du continent africain pour des raisons historiques et géographiques. Elle devrait s’orienter vers les pays de l’Europe de l’Est car elle est probablement l’une des meilleures ambassadrices de la francophonie. Dans tous les cas cela doit découler des choix de la politique française.

1.2/ Le marché français de la Santé est déjà européen. Il le sera de plus en plus avec les mouvements de population et l’échange des cultures. Les hôpitaux français, en tout cas les CHRU, sont actuellement des pôles d’attraction pour nos voisins, notamment pour les italiens et de plus en plus pour les anglais, en raison des listes d’attente et de la banalisation d’un marché parallèle ultra-libéral incontrôlé. Cela demande une attitude claire de la part des gouvernements européens qui ne peuvent pas refuser à leurs ressortissants de venir se faire soigner en France et qui ont l’obligation de rembourser à condition que la facturation des soins soient justifiées ce qui est relativement impossible avec notre système actuel.

1.3/ Il est indispensable que l’état français soit le garant de la santé des étrangers vivant en France quelle que soit leur situation, notamment pour les urgences, car les hôpitaux ne peuvent pas assumer la dette des pays insolvables et ce n’est pas le rôle de la Sécurité sociale.

2 –  Une partie de l’excédent des lits de chirurgie des CHRU pourrait être rentabilisée par la prise en charge de malades étrangers.

2.1/ C’est le meilleur moyen de former les jeunes générations de médecins français et étrangers à la prise en charge des pathologies particulières aux pays en voie de développement.

2.2/ Il est raisonnable de cibler dans la mesure du possible les pathologies à prendre en charge, c’est à dire celles où une guérison peut être obtenue rapidement avec un espoir de rendre les patients à la vie active en éliminant les maladies contagieuses qui présente des risques pour notre population. En dehors du problème des greffes les autres pathologies peuvent être prises en charge en France car il n’y a pas de pénurie, cependant il est préférable d’écarter d’une façon générale les pathologies chroniques car le patient rechutera dès son retour dans son pays si celui-ci n’a pas l’infrastructure suffisante. Les pathologies chirurgicales sont certainement prioritaires.

2.3/ De toute façon les hospitalisations programmées ne pourront se faire que dans le cadre d’une coopération clairement définies par l’état français au titre de la Coopération qui prendra en charge le financement des soins.

3 – L’investissement de l’Hôpital public dans les  pays en voie de développement mérite d’être reconnu et développé.

3.1/ Les hôpitaux français participe de façon active aux missions de soins et d’enseignement organisées par les tutelles ou les organismes humanitaires non gouvernementaux, en laissant partir leurs médecins et leurs paramédicaux en mission, sans perte de salaire.

3.2/ Cette action mérite d’être coordonnée au titre de la Coopération, avec des contrats d’objectifs entre la tutelle et les pays concernés pour la formation de leurs médecins, infirmiers, techniciens et gestionnaires.

3.3/ Cela revient à réinventer la Coopération médicale française en créant un corps hospitalier, réunissant des personnes expérimentées de tous les corps de métier, avec la possibilité de postes universitaires pour les médecins. La nomination devrait se faire dans l’Hôpital et/ou la Faculté d’origine avec un détachement à titre temporaire dans des missions déterminées par les tutelles. Il s’agirait d’une période transitoire dans la carrière hospitalière avec la possibilité d’une carrière complète dans ce corps.

3.4/ Le rôle de cette Coopération hospitalière n’est pas de prendre ta place des locaux mais de les aider à mettre en place des structures de soins adaptées à leurs besoins tout en formant en priorité les enseignants locaux.

Dr Olivier Badelon – Membre du Groupe de travail du R.P.R sur l’Hôpital, présidé par le Professeur Christian Cabal, Député de la Loire

dans « LA RÉFORME DE L’HÔPITAL  – Réflexions  et propositions sur les Systèmes de Soins et la place de l’Hôpital » (Septembre/Décembre 1995) Chapitre VIII

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