Le salariat des étudiants en Médecine – une mesure de justice sociale qui profiterait à tous


L’hôpital public a de plus en plus de difficultés à recruter des médecins formés en France en grande partie parce que les carrières hospitalières médicales n’ont jamais été valorisées à leur juste valeur par rapport aux autres métiers faisant partie du service public.

Par ailleurs la longueur des études en Médecine est un véritable obstacle social car l’indemnisation qui est donnée par l’hôpital, pour le travail fait à mi-temps le matin dans les hôpitaux, est tout à fait insuffisante.
Cette indemnisation ne donne pas de droits à la retraite et les années travaillées pendant les études à la Faculté ne sont pas comptabilisées dans le calcul de l’ancienneté dans la carrière hospitalière, ce qui est tout à fait injuste et même contraire au droit du travail le plus élémentaire.

Cette injustice est encore prolongée pendant les années d’Internat, alors qu’elles représentent un travail à temps plein à l’hôpital, avec en plus des gardes de nuit et les jours fériés; les internes étant considérés comme des étudiants n’ayant pas de droit à l’ancienneté, même s’ils prolongent leur carrière à l’hôpital, prenant ainsi un retard considérable sur la grille de rémunération des autres métiers du service public.

L’hôpital public, au même titre que les grands services publics (EDF, SNCF, PTT) devrait recruter son personnel médical dès le concours de première année au moment du Numerus Clausus, et proposer aux étudiants un véritable salariat  avec en échange un engagement prolongé dans la carrière hospitalière à temps plein ou à temps partiel.
Cet engagement devrait être de 10 ans en équivalent temps plein, avec un minimum de 5 ans temps plein, ce qui correspond à la durée de l’Internat des Hôpitaux, et le reste à temps plein ou à temps partiel selon la carrière voulue par le médecin et/ou proposée par l ‘hôpital en fonction des besoins.
Le travail effectué par les étudiants en Médecine, aussi bien à l’hôpital lors des stages du matin et des gardes, que le travail à la Faculté l’après-midi, sans compter le temps passé à préparer les examens et le concours de l’Internat, mérite d’être considéré à part entière comme un véritable travail. Tout ce travail mérite un salaire, avec des cotisations sociales, une acquisition de points de retraite et une prise en compte dans le calcul de l’ancienneté et de la progression dans les échelons de la carrière hospitalière.
De cette façon, le salariat des étudiants en Médecine serait à la fois le meilleur moyen de faire disparaître la barrière sociale que représente la longueur des études, et de revaloriser les carrières hospitalières.
Dr Olivier Badelon
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Une Réponse vers “Le salariat des étudiants en Médecine – une mesure de justice sociale qui profiterait à tous”

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